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  La iatrogénie médicamenteuse : enjeu de santé publique
     

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pour en savoir plus :
Vous pouvez consulter en ligne le rapport complet du ministère de la santé à propos de la iatrogénie médicamenteuse en vous connectant au site http://www.sante.gouv.fr/.

 
     
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A l’heure où la population vieillit et où les traitements médicaux se multiplient, les effets indésirables liés à la prise de médicaments – on parle aussi de iatrogénie médicamenteuse - sont devenus une problématique majeure de santé publique, et tout particulièrement en France, où la consommation de médicaments est la plus importante d’Europe.

 

 

 


Jugées responsables, en France, de 10% des hospitalisations des plus de 65 ans, ces effets indésirables sont à l’origine d’environ 10 000 décès par an et 130 000 hospitalisations - dont 40 à 60% pourraient être évitées par une prévention active. Focus sur un mal dont on parle peu.

Qu’est-ce que la iatrogénie médicamenteuse ?
Les médicaments sont utiles, efficaces et la plupart du temps sans danger. Cependant, ils peuvent parfois entraîner des complications non prévues pouvant provenir :
- soit du médicament lui-même,
- soit de son association avec un autre médicament, on parle alors d’interactions médicamenteuses,
- soit de son incompatibilité avec le patient (âge, sexe, pathologie associée…),
- ou d’une erreur de prise.
Le terme iatrogène renvoie à des effets provoqués par un acte médical, ou par un ou des médicaments administrés, sans qu’il s’agisse d’une erreur médicale. 

Qui est concerné ?
Nous sommes tous concernés et nous pouvons tous subir certains effets indésirables, plus ou moins graves, provoqués par la consommation d’un ou plusieurs médicaments. Selon une étude récente menée par l’IPSOS, 42 % des français aurait déjà rencontré ces effets, soit personnellement (18 %) soit dans leur entourage (24 %). 
Néanmoins, les plus de 65 ans sont tout particulièrement exposés à la iatrogénie médicamenteuse. Et l’on constate au sein de cette population que les effets indésirables sont deux fois plus nombreux. Avec l’âge, le nombre de maladies augmente et la consommation de médicaments aussi (en moyenne 1,2 millions d’individus de plus de 65 ans prend au minimum 7 classes de médicaments différentes par jour), l’altération des fonctions rénales (qui ralentit les mécanismes d’élimination des médicaments), l’accroissement des risques d’erreur ou d’oubli dans les prises, ainsi que les interactions médicamenteuses sont autant de facteurs qui concourent à ce phénomène. 

Quels sont les risques ?
Les effets indésirables peuvent prendre différents aspects tels que : la déshydratation, des troubles de la vigilance ou du comportement, des malaises et des chutes…
Mais aussi : des troubles digestifs, des réactions dermatologiques, des accidents hémorragiques, des insuffisances rénales…

Iatrogénie : place à la prévention
Les pouvoirs publics ont fait de la lutte contre la iatrogénie médicamenteuse un des enjeux de la loi de santé publique du 9 août 2004 et dans cet esprit, en 2006, l’Assurance maladie et les représentants des médecins en ont fait une des missions prioritaire du médecin traitant. 

Le médecin traitant au cœur de la prévention
La mise en place du médecin traitant au centre de la coordination des soins prend ici toute sa dimension. Disposant d’une vision globale de ses patients et de l’ensemble de leurs traitements, le médecin traitant est aujourd’hui le plus à même pour réduire au plus vite le nombre de situations à risques.
Pour les y aider, un certain nombre d’outils va peu à peu être mis à leur disposition, à savoir :
- des logiciels d’aide à la prescription et à la dispensation les aideront à faire face à la diversité des médicaments disponibles,
- la nouvelle carte vitale leur permettra de visualiser la liste des médicaments remboursés et prescrits pour le compte de leurs patients.

Vigilance et observance du patient
Dans un même temps, l’Assurance maladie souhaite sensibiliser les assurés aux risques d’effets indésirables des médicaments.
Certes, le comportement des Français face aux médicaments change peu à peu - près d’un français sur deux déclare considérer "plus qu’auparavant" les médicaments comme des produits "qui exigent certaines précautions" et qui " représentent certains risques" - cependant, il est essentiel que certains principes de précaution s’installent chez le patient.

Les bons réflexes à adopter :
respecter scrupuleusement l’ordonnance délivrée par son médecin (dosages, rythme des prises, durée du traitement…)
penser à informer son médecin de l’ensemble des médicaments pris (quelle que soit leur forme : comprimés, sirop…) et quelle qu’en soit sa source (pharmacien, autre médecin, automédication…).
contacter son médecin pour lui faire part des effets indésirables éventuellement ressentis suite à une prise de médicament prescrit.
ne jamais réduire, ni augmenter les doses à sa propre initiative.
ne jamais donner ou conseiller à un proche un médicament non prescrit.
se rappeler que tout ne peut être médicalisé.


 
mise à jour : 23/10/2007
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